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Affichage des articles du septembre, 2016

On se salira sous la pluie et on roulera dans les feuilles mortes

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Nous sommes le 21 septembre. C'est l'automne et bientôt on assistera au retour fracassant de ces petits rien de la nature qui animent 80% des conversations de bureaux et de halls d'immeuble.  La pluie, les feuilles, la boue, le vent, le ciel gris et les jours qui raccourcissent.
Personnellement, la pluie ne me dérange pas sauf quand je me suis lissé les cheveux.On se plaint de la pluie alors qu'elle est quand même l'élément indispensable quand on veut s'embrasser après une dispute, se baigner dans l'océan un soir d'été ou hurler un bon coup après une journée de merde.  Je vais vous dire un truc. On s'en fout du temps. Vraiment. 
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Tous les samedis matins, je suis seule avec Aaron. A son réveil il hurle "maman" et j'accours gaiement. Je le trouve assis, la tête enfarinée, je m'enivre de l'odeur de ses cheveux et prépare son biberon pendant qu'il me fait un café (en gros, il appuie sur le bouton après avoir réclamé ave…

Ma sirène à paillettes

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Ça va pas.
Pas du tout.
Il y a un putain de manque, un trou béant. Là, quelque part. Dans l'aile "famille".
C'est impossible pour moi de te parler. C'est tellement compliqué. Tu me manques chaque jour qui passe.
Je t'ai appris à checker, tu devais avoir l'âge d'Aaron aujourd'hui. Tu le faisais trop bien. Un jour on a inventé le check-sirène. La classe internationale. Toute petite, je me souviens de ton pyjama hippocampe, de nos 14 ans d'écart, de cet intérêt relatif que j'avais pour toi quand tu es née, et de cet amour inconditionnel qui est arrivé quand tu as commencé à grandir un peu, à interagir avec moi. On jouais à "je te tiens, tu me tiens", tu rigolais et tu répétais "mé té sien" en chantant.
Toute ma vie j'ai rêvé d'avoir un "petit quelqu'un". Un frère ou une sœur, je m'en foutais, je voulais un petit quelqu'un, à protéger comme Mélanie le faisait avec moi. J'ai attendu 14 ans e…

Conseil de classe

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Ca m'a pris, d'un coup. Éclaboussée alors que je me croyais épargnée.

La rentrée. L'école, le retour des chaussures fermées, de la colle qui sent bon, des livres à recouvrir. Comme le papier cadeau, c'est un don, on l'a ou on l'a pas.

Dans un an, Aaron rentrera en maternelle. Je prendrai sûrement ma journée, le matin je le déposerai et lui dirai au revoir en agitant la main et en feignant un sourire pour dissimuler les larmes.
Un an. Je me suis projetée, et j'ai eu peur.
J'en pleurerais rien qu'en y pensant un peu trop.

Mais il est tout petit messieurs dames. Vous savez, il est né en décembre. Il va rentrer à l'école à 2 ans et 8 mois, alors que d'autres auront déjà soufflé leur 3ème bougie depuis longtemps. Il faudra qu'il soit propre, comme les plus vieux. Mature comme eux. On voudra faire de lui un grand, et moi je retiendrai mon souffle. Vous savez qu'il dort plus de trois heures d'affilée l'après-midi ? Un bébé, je vous …