La famille imparfaite, épisode 1

Depuis toujours, je suis une bordélique. J'ai des tas. Du courrier, des papiers, des enveloppes vides ouvertes. Des piles de vêtements sur le joli petit fauteuil de ma chambre. Des chaussures dans un recoin de l'appartement. Une paire d'abord, puis deux, trois, quatre viennent soigneusement s'agglutiner dessus. Un vrai désordre parfait, que je réarrange parfois, sans ranger pour de bon. Je réunis ma pile de courrier et tapote les côtés pour qu'aucun bout ne dépasse, et puis je la laisse là. Pour les chaussures, je fais en sorte que la petite montagne reste bien stable, sans une sandale qui vienne perturber l'équilibre et sortir un lacet.
Bref, l'organisation n'est pas toujours mon fort.
C'est pour cette raison que lorsqu'on s'est dit "Eh mais on est seulement à 1h30 des Gorges du Verdon, on devrait y aller c'est trop beau!", la seule question que l'on s'est posé c'est "Est ce qu'on a le porte bébé?". La réponse étant positive, nous voici tous partis gaiement vers ces gorges magiques en Provence, avec nos tongs, notre brumisateur, et notre porte-bébé (heureusement qu'il était là, lui).

Une fois arrivés là-bas, on a commencé à comprendre le sens du mot randonnée, en voyant les autres touristes avec leurs supers pompes à crampons, leurs batons de marche, et leurs casquettes. Nous, la famille-à-peu-près, on a commencé par s'extasier sur les produits locaux vendus par un marchand, puis seulement on a emprunté le sentier du lézard, réputé le plus 'famille friendly', avec pas trop de marche, pas trop de grimpe, pas trop de rando quoi.
On était en nage au bout de 20 min.
Glisser sur les cailloux, se tenir les mains pour s'assurer que le porteur du bébé ne tombe pas, scruter le clapotis de l'eau "ça y est on approche", se rendre compte que c'était une fausse alerte et arriver sur une route de béton... On était mignons et pathétiques. Je ne sais pas dans quel ordre. 

Quand on est arrivés au bord de l'eau verte, transparente et magnifique (on a quand même pas fait tout ça pour rien), on a été tentés de sauter dedans pour se rafraîchir. Manque de bol, elle est à 15°c. J'ai trempé un doigt de pied, et dignement décliné de la tête les propositions de baignade de mes partenaires de galère. Certains crâneurs courageux se sont jetés à l'eau et ont perdu toute leur cellulite. Moi, j'ai admiré le panorama. Assise contre un rocher qui m'a scié la fesse en trois.

Aaron a sûrement dû se demander ce qu'il nous était passé par la tête, heureusement sur le chemin du retour, par je ne sais quel miracle, il s'est endormi. Merci au marchand de sable, car la montée était encore pire. Avec ma bouche pâteuse et mon impossibilité de respirer, je n'ai pensé qu'à Frodon dans le Seigneur des Anneaux quand il fait enfin ses derniers pas avant la destruction de l'anneau. Sa fatigue, sa mine de déterré et son regard hagard, c'était moi tout craché.

Les points positifs : le cadre sublime, la découverte en famille (après tout, transpirer, se plaindre et chanter Louane pour oublier les crampes dans les cuisses, ca renforce les liens), le porte-bébé Manduca qui nous a sauvé la vie (au moins, y en avait un qui profitait de la promenade).

Donc, la prochaine fois, on revient équipés comme des pro, et on prend :

-Des chaussures de marche ou des baskets
-De l'eau, beaucoup d'eau, plus d'eau !
-Des serviettes ou des grands draps pour s'installer confortablement dans un petit spot sympa
-Des sacs a dos
-Un bébé un peu plus grand pour tenter le kayak
-De la bouffe

Oui de la bouffe, parce que moi je croyais très sérieusement qu'une sympathique buvette m'attendrait une fois en bas, avec coca bien frais, zeste de citron, sandwich poulet crudités et tiens pourquoi pas une petite crêpe.
Je vous laisse déduire par vous-même si mon intuition m'a trompée. 





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