A elles

Le tout premier bain que mon fils a pris, c'était à la maternité. Les auxiliaires sont venues aider, montrer, apprendre.

J'étais dans ma petite chambre d'hôpital, je ne me levais pas beaucoup. Un peu faible, le style tu vois des étoiles quand tu te mets debout et tu te rassois direct. J'ai regardé les gestes depuis mon lit. Celui qui était debout et qui écoutait religieusement les conseils en reproduisant les gestes, c'était mon mari.
Plus tard, c'est lui qui se levait, une fois sur deux, la nuit comme le jour, pour donner le biberon, changer la couche, bercer à 4 heures du matin. Pour se poser des questions, pour s'inquiéter, se prendre la tête. On a absolument tout fait à deux. Encore maintenant, on se paie une grasse mat' sur deux le week end. Samedi-dimanche, réveil partagé, sommeil respecté.
Je me souviendrais encore dans 10 ans de cette nuit où Aaron n'a jamais voulu s'endormir, que mes yeux tombaient autant que mes bras, et qu'à bout de forces je me suis abandonnée à un demi-sommeil dans mon lit, chambre ouverte, pendant que le mari, infatigable, prenait les choses en main. J'entendais la poussette rouler à deux heures du mat' dans l'entrée. Je l'ai entendu faire couler l'eau du bain, au beau milieu de la nuit, petit canard lumineux et tout et tout. 
Alors souvent, je pense aux mamans solos. Celles qui n'ont pas d'homme sur qui se reposer, avec qui parler de la nouvelle prouesse du jour. Celles qui se lèvent 7 jours sur 7. Celles qui assument tout toutes seules. Celles qui ont les épaules plus larges que moi et le coeur encore plus gros. Je les admire. 
Je me revois encore, entre le premier et le deuxième mois de vie d'Aaron. Un défi. Coliques, reflux, pas  une minute de sieste la journée, beaucoup de larmes... de lui et parfois de moi aussi. Mon mari avait repris le travail et j'étais perdue. Etais-je une bonne maman, pourquoi pleurait-il autant, pourquoi en faisant les 100 pas dans la maison ne dormait-il pas, pourquoi seul le porte-bébé le faisait vaguement somnoler 45 minutes, pourquoi est-ce si dur. Quand mon mari rentrait à la maison, délivrance. Aide-moi, je suis à bout, j'ai besoin de souffler, fumer une clope à la fenêtre, oui il fait -2°C dehors, je m'en fous, j'ai besoin de trois minutes, rien qu'à moi. Tout rentrait dans l'ordre, je soufflais un bon coup et putain que c'était bon de l'avoir à mes côtés pour partager les difficultés. 

Les mamans solos, vous qui êtes à la fois le papa et la maman, vous qui vivez tout au carré, vous êtes les warriors de la maternité. Double fierté, double amour, double tout. Vos bébés ont de la chance d'avoir un si bel exemple de courage. Parfois je me demande si j'aurais été capable d'accomplir autant sans lui. Je ne le saurais pas, mais ce que je crois bien, c'est le mot wonderwoman a été créé pour vous.

Alors juste un p'tit truc, les babies de mamans solos... quand vous aurez 16 ans et des boutons... la ramenez pas trop, votre mam est une guerrière, vous pouvez pas test.




© Ourson Chéri










Commentaires

Elodie DELORME a dit…
Ma mère m'a élevé seule de ma naissance à mes 18mois et de mes 6ans à mes 18ans.
Je ne me rendait pas compte des difficultés qu elle avait pu rencontrer et qd j'ai eu mon fils, je me suis dit Wouah mais comment elle a fait?!
Comme toi, j'ai la chance d'avoir un homme très présent et je remercie ma mère d'avoir eu cette force que je ne suis pas sûre d'avoir.
Ton article est comme d'habitude criant de vérité et super bien écrit!
Merci beaucoup Elodie ! Et un gros bravo a ta maman ;)
Karine a dit…
Magnifique article comme d'habitude ;) Je suis ravie de te lire encore et toujours :)

Je ne pourrai plus le faire sur BBC car mon compte a été supprimé depuis un peu plus d'une semaine. Je pense à cause de la couture.

A trés bientot !
Karine tu as instagram? que l'on continue de se suivre ?? ils sont nuls alors !!! j'y vais de moins en moins remarque...
Bonsoir,
Je suis tombée sur ton insta et sur la photo de l'article, je suis immédiatement venue le lire.
Je me vois totalement dans le rôle de la maman solo. J'ai appris que j'étais enceinte d'un peu plus de cinq mois en avril dernier, je fais partie des 0,02% pour qui la pilule ne fonctionne pas à tout les coups. Le papa ? Il n'y en a pas ...
Depuis un peu moins de deux mois, je fais partie des wonderwoman à tout juste vingt-deux ans. J'ai mis longtemps à accepter ma petite merveille. Elle me rend meilleure chaque jour et me redonne le sourire. C'est un nouveau souffle de vie, je repousse donc mes études et ma vie de couple à plus tard.
Il en faut du courage pour se lever toutes les nuits et rester debojt parfois pendant des heures. Personnellement, c'est l'amour que je lui porte qui me donne verte force de vivre.

Je continuerai de te lire régulièrement,
À très vite.
Bravo a toi tu es une maman exceptionnelle et ta fille sera drôlement fière de toi. Quelle maturité. Quelle force. Je suis admirative ! A bientôt sur le blog ou Insta ma belle !
sasa youou a dit…
cet article ma beaucoup emu
toujours aussi touchante delphine.
j'aime bien lire tes articles.
tu est tout simplement realiste .
une personne géniale

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