Veille de crèche

Le dimanche soir, c'est pâtes. Depuis toujours. Quand j'étais petite et que mes parents étaient mariés, quand j'étudiais et vivais seule dans mon deux pièces parisien (enfin, seule est un grand mot, quand on regarde Friends H24 on a un peu l'impression de vivre avec Chandler & Joey), et ça a continué quand je me suis installée avec le brun bouclé qui est devenu mon mari, jusqu'à aujourd'hui. Ces pâtes du dimanche soir, c'est mon bol de consolation à l'angoisse du lundi matin. Ce soir en particulier. 
Demain Aaron commencera son adaptation à la crèche, et après avoir passé tout l'été à la maison, rien que l'idée de l'imaginer "ailleurs" sans nous, j'ai le cœur serré. Et si mon côté dramatique s'emballe, je me fais les pires films, genre triste à pleurer comme le dessin animé "Le vilain petit canard", vous l'avez déjà vu peut-être, c'est un mélange de vulnérabilité et d'injustice totale, quelle idée ce dessin animé, je n'ai jamais rien vu d'aussi déprimant, pauvre petit canard, j'aurais tout donné pour l'adopter, lui faire un câlin, lui dire que sa maman est la plus bête du monde et qu'il est adorable, bon, à la fin il a la gentille maman cygne qui le prend sous son aile et là enfin la vie redevient belle, mais quelle déprime quand même. Alors, voilà, mon petit poussin à moi, je le vois dans un coin, tout tristounet, à regarder autour de lui, un peu désemparé, avec des yeux qui auraient l'air de dire "mais où sont-ils passés mon papa et ma maman?".
Une folle, je sais. 
Donc ce soir, je voudrais déjà être dimanche soir prochain. L'adaptation se sera bien passée. Moi, je serais rassurée. 

Une bonne assiette de pâtes, et une nouvelle ère pourra commencer. 



© Ourson Chéri




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