Vérités (et clichés) sur les mamans

On dit plein de trucs sur les mamans. Clichés ou vérité ? Un peu des deux. Ma version en 4 points.


#1 Devenir une stressée de la life

Je m'étais jurée de ne pas être comme ces mères qui crient, sont essoufflées de tout faire en même temps, hurlent sur leur enfant alors qu'elles parlent à quelqu'un au téléphone, marquent des pauses en plein milieu d'une conversation parce qu'elle réfléchisse à autre chose en même temps (et oui, elles n'arrivent pas toujours à faire deux choses à la fois), qui oublient de se maquiller et passent des journées à la maison en pyjama craspouille. Je voulais être une mère toujours nickel, lookée-coiffée-maquillée, et surtout zen, qui ne dit jamais un mot plus haut que l'autre, même quand l'enfant tache ses fringues toutes propres en donnant un violent coup dans la cuillère de purée de betterave.
Je pensais ça quand j'avais le temps de regarder les mouches voler, affalée sur mon lit, enceinte de 37 semaines. Entre-temps j'ai découvert la vraie vie de maman, et depuis je ne suis ni calme, ni digne, ça m'arrive même de lui crier dessus, en général quand il huuurle à la mort tout en gesticulant quand on essaie de l'habiller en sortant du bain et qu'avec son cinoche on met à peu près 20 minutes pour arriver à nos fins. Inutile de préciser que m'énerver, ça l'énerve encore plus, il se met à pleurnicher avec une petite moue, là, faible que je suis je culpabilise instantanément en me confondant en excuses et bisous, avant de reprendre cette joyeuse danse jusqu'à la fermeture du dernier bouton pression. Intense soulagement.

© Ourson Chéri


#2 L'aimer ridiculement et inconditionnellement

Je m'étais également promis de ne pas virer gaga, genre mère tellement fan de sa progéniture qu'elle abreuve les réseaux sociaux de photos et d'anecdotes, envoie des vidéos à ses proches, sur whatsapp sinon c'est pixelisé et quelqu'un pourrait rater un battement de cil, et avec le son, attention, sinon vous n'entendrez pas le "tatata" et ça n'aura aucun intérêt. Non je ne serai pas comme ça, je serai détachée des prouesses de mon bébé, car ils le font tous, ils sont tous pareils les enfants, rien de spécial, faut arrêter de s'extasier sur tout et rien, un peu d'objectivité que diable.
Enorme fail, et moi en plus de tout ça, j'ai créé un blog. En toute simplicité. De mieux en mieux.

© Ourson Chéri


#3 Se lever la nuit pour l'entendre respirer

Eh non ! Chez moi, c'est le mari qui s'y collait. Ma tendance à moi, c'était d'avoir tellement peur de le réveiller (ou inconsciemment peut être d'autre chose aussi), que je ne voulais SURTOUT pas y aller. Ça date de l'époque où on galérait pour l'endormir le soir. On ne savait jamais à quelle sauce on allait être mangés : Va-t-il s'endormir sur son dernier biberon ? Si on le couche éveillé, va-t-il pleurer ? Combien d'allers-retours dans sa chambre ? Faudra-t-il finir par l'endormir au bras ? Combien de temps ? Beaucoup d'incertitudes et une bonne dose d'appréhension. Vite, être demain matin, l'entendre se réveiller pour son biberon. Du coup, parfois, j'envoyais le mari en mission. Et souvent, c'est lui qui y allait au beau milieu de la nuit. Je ne le savais même pas. Il me l'a dit beaucoup plus tard. Ça l'inquiétait, il se levait à 2 heures du matin, allait l'écouter respirer, et retournait se coucher. Preuve que les mères n'ont pas le monopole de l'angoisse nocturne.
Depuis, tout va mieux. Ça fait même quelques jours qu'après le biberon du soir, on fait des câlins. Oui, oui, des câlins. Aaron s'allonge sur nous quelques instants, se blottit, nous regarde, se re-blottit. Et on se jette un regard, le mari et moi, à chaque fois que c'est notre tour. Un regard snobinard tout fier, genre "t'as vu ce qu'il fait avec moi". On ne dit pas un mot, tout passe dans nos yeux, parce qu'on a peur de le déconcentrer et que le câlin s'arrête. Voilà, on est bêtes. Bêtes et heureux. Après, je le couche et je lui raconte sa journée du lendemain, penchée au-dessus de lui. Il me regarde, passionné, m'écoute. Et les meilleurs jours, il se retourne de son côté préféré une fois que j'ai fini, l'air de dire "c'est bon maman, allez bonne nuit".
Comme toutes les mamans, j'adore plus que tout le regarder dormir quand même. Alors parfois, je prends mon "courage" à deux mains et je vais le voir. En marchant sur la pointe des pieds et en ciblant les lattes du parquet qui grincent le moins.



#4 Être une milf ou une mère modèle

Façon correcte de parler du vaste sujet "la mère ou la putain". Sur ce point, qui à mes yeux est toujours très présent dans notre société, je pense que l'on aimerait bien ne pas choisir. Et n'être ni l'une, ni l'autre à vrai dire.
Je suis maman, mes priorités ont changé, je veux être une bonne mère pour mon fils, être présente dès que le boulot est terminé, jouer avec lui à 4 pattes, faire ses purées parce que les Blédina sont dégueu, dormir debout en le berçant toute la nuit s'il a besoin de moi, et faire passer ses besoins avant les miens.
Mais je ne serai jamais la "mère parfaite", je ne discute pas toujours lait, tétine, et doudou avec les copines, je me sers un verre de vin de temps en temps, j'allume une cigarette parfois, et je ne veux pas devenir la maman tellement exclusive qu'elle rejette son mec car son fils est devenu le nouvel homme de sa vie. Non, il y a toujours de la place pour l'homme qui est dans ma vie. D'ailleurs, l'accouchement ne m'a pas subitement amputée d'une libido (la pilule, si), je n'ai pas troqué les strings pour des culottes en coton (sauf les jetables de la maternité, vous vous en souvenez de celles-là?), et au fond je suis restée la même nana qu'avant. J'ai juste activé l'option "maman". Elle s'ajoute à ma personnalité, elle ne l'annule pas.
Mon goût prononcé pour les riquiquis maillots de bain, les shorts très shorts ou les talons vertigineux n'a pas bougé d'un iota. Je ne vois pas en quoi je ne serai pas une bonne mère pour autant. Je revendique 1000 fois le droit de vouloir rester sexy, même après avoir eu un bébé, de garder son style, et ce quels que soient nos goûts. J'évoluerai sûrement, mais le jour où l'envie s'en ressentira, comme pour mon piercing à la langue quand j'ai eu 20 ans, comme mon piercing au nombril hier soir.
C'est le premier bijou que je me suis empressée de remettre quand mon ventre a retrouvé une taille normale. C'était pas un strass tout bête, non, c'était un chandelier le bordel ! Avec des pendentifs qui font bling-bling et 5cm de long. Je l'adorais et me trouvais 1000 fois mieux avec que sans. Il m'avait manqué pendant ma grossesse, et après, je ne me reconnaissais pas sans lui. Et puis hier soir, 10 mois après nos chaleureuses retrouvailles, comme une révélation, je l'ai enlevé. Je pense que je ne le remettrai jamais.
Ce n'était pas une obligation post-partum.
C'était l'heure.
Mon envie.
Point.


© Ourson Chéri



Commentaires

Une fidèle lectrice a dit…
Bonjour,

Je vous suis depuis quelques mois, et je souhaitais simplement vous féliciter pour votre plume!! c'est émouvant et humoristique en même temps... j'ai parfois la larme à l’œil et le sourire en coin sur un même texte... vraiment, j'adore (et puis je me reconnais très souvent à travers vos textes).

Bonne journée.
Merci à vous pour ce commentaire qui me va droit au coeur et me fait un immense plaisir. A bientôt sur le blog

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