11 mois

Je voulais tellement un enfant.
Je savais depuis toujours qu'un jour je serai maman, mais j'en ai eu envie, vraiment envie, juste après mon mariage. Je suis devenue l'une de ces filles qui observe les femmes enceintes dans la rue et sourit aux enfants qui font des conneries dans le bus.
Je me demandais comment serai le mien, s'il me ressemblerai un peu, comment on l'appellerai, c'est compliqué les prénoms, alors chercher pendant des heures sur internet, penser aux significations, le redire 10 fois dans sa tête, l'écrire, avec le nom de famille à côté, se demander si ça sonne bien, en parler au mari, qui trouve qu'on a encore le temps, que me rappelle que je ne suis même pas enceinte, et qu'on verra plus tard.
Oui, ton père, ce lourd, voulait attendre. Alors on a attendu. Parce que je n'aurais pas voulu qu'il regrette, parce que je voulais qu'il te désire autant que moi. On est partis en vacances à New York, comme un couple marié qui profite de la vie et des voyages qui seront galère avec un bébé, et puis un jour, quelques temps plus tard, il a voulu, autant que moi. Il était prêt, on s'est lancé, on a fêté nos 5 ans ensemble, et je suis tombée enceinte 3 jours après.

J'étais persuadée que tu étais une fille. Et parce que je ne te mentirai jamais (à part concernant la petite souris et le Père Noël), je ne te cacherai pas que j'en voulais une. Je voulais une chambre rose, des imprimés fleurs, lire des histoires de fées et acheter des bloomers. On m'a annoncé à 12 semaines et 5 jours que tu étais, "à 90%, un petit gars". Je n'en revenais pas. J'ai d'abord cru qu'ils s'étaient trompés. Et puis quand je me suis rendue à l'évidence, après 3 avis concordants, j'ai appris à me projeter avec un petit garçon.
Ce fût totalement inutile, je t'ai aimé plus que tout dès que je t'ai rencontré. Fille ou garçon, j'en avais plus rien à foutre, tu es né, je t'ai dit "mon bébé" et je t'ai gardé quelques instants, tout sale contre moi, éperdument amoureuse. Voilà, tu étais mon fils.

Tu as 11 mois aujourd'hui, et je n'ai pas vu cette -presque- année passer, pourtant tu es là, immense, parfois je me demandais comment tu allais bien pouvoir grandir en ne faisant aucune sieste. Mais en dépit de tes siestes ratées, tu portais du 3 mois à 3 semaines et du 18 mois à 9 neuf mois, donc bon... Tu as 11 mois aujourd'hui, et j'aime te voir sourire avec les yeux, nous faire des câlins, et te promener en t'accrochant partout. Tu marches en crabe, avec l'appui que tu trouves sur ton passage.  Je t'ai grillé, tu te fais des petits suspenses de temps en temps, en te lâchant complètement. Tu ris beaucoup, tu râles énormément, et tu joues à "coucou-caché" en faisant celui qui se cache derrière sa couverture. Quand je réalise que tu as compris ce jeu, je me dis que tu es incroyablement grand.
Tu me tends les bras de toutes tes forces et tu ris tellement que tu perds ton souffle parfois. Et je me demande comment je faisais pour vivre avant toi. Comme la vie devait être fade.
Sans le vouloir, et sans le savoir, tu guéris un peu plus chaque jour les petites fissures de mon coeur tout cabossé.

Ton père a bien fait d'attendre. Tu aurais été un caprice alors que tu es un cadeau.
Et la vie a bien fait de m'offrir un garçon. Je voulais une poupée, et j'ai eu un bébé.

Merci pour ces 11 mois pleins de magie et de bave. C'est fatiguant et merveilleux.

Joyeux -dernier- moisniversaire mon fils chéri.



© Ourson Chéri



Commentaires

Amelie Daudrix a dit…
Cela fait quelques temps que je te lis, autant sur Instagram que sur ton blog et je me reconnais tellement quand je lis tes posts...
Cela fait 5 ans que nous sommes ensemble avec mon chéri et j'aimerais tellement avoir un enfant! Mais lui aussi veut attendre... Alors je patiente... En espérant bientot connaître le bonheur d'être maman :)
Continue d'égayer nos journée avec tes articles qui respirent l'amour!

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