Mood #1

Parfois je vous parle d'un sujet précis. Parfois je papote. Je vous raconte des trucs à la con. J'ai envie d'appeler ça mes articles "Mood". Ça veut dire humeur en anglais, et comme je me la pète parfois (du genre je ne regarde les films que en VO) je trouve qu'il sonne mieux en anglais, "mood" c'est mignon, humeur ça fait négatif, on dirait que je fais déjà la gueule rien qu'en le disant.
Ce prologue-introduction à la rubrique "mood" étant clos, je peux maintenant vous raconter.

Vautrée dans le canapé flambant neuf, un verre de blanc à gauche, le mari à droite.
On a réinvesti le salon, on se love le soir, dans l'angle, comme je l'avais rêvé, en amoureux, manque plus que le plaid, quand les températures seront encore plus basses, le petit verre de vin de thé fumant, et un bon film (ou le meilleur pâtissier/les Kardashian/ le Victoria's Secret Fashion Show) et on est au top, adios le babyphone. On peut pas en dire autant de l'iPhone, mais on va travailler dessus, promis. Instagram vs Clash of Clans. On va faire une petite détox digitale et on se reverra après.
Aaron se réveille la nuit pour sa tétine, moi je dors, le mari s'y colle, je me sens coupable au réveil, moins cernée, mais coupable. J'entends rien, c'est grave docteur ? Réveille-moi quand je n'entends pas. Si, si je te jure, réveille moi. J'ai racheté de l'anti-cernes, donc c'est bon.
J'ai envie qu'on soit férié tous les jours, me réveiller sans sauter sur mon téléphone pour vérifier l'heure, voir mon barbu tremper ses madeleines dans son thé, mon ptit nounours chantonner et ouvrir les yeux, la tête enfarinée, regarder ensemble des dessins animés en pyjama toute la matinée.
Il marche accroché à son trotteur, et je ne savais pas.
Il comprend quand je lui dis d'enlever sa tétine, et je ne savais pas.
Chaque jour passe, je rate des choses. Mais je me rattrape, le week-end et les jours fériés. C'est la vie. C'est déjà beaucoup. Apprécier chaque moment, s'estimer chanceux.
La maison c'est la guerre. Nous nous marièrent et eûmes un enfant. Depuis, j'attends la femme de ménage de Cendrillon pour m'aider à dégager la poussière, laver les carreaux, passer la serpillère et enlever mes interminables cheveux du syphon de la douche. Je suis tellement débordée que j'oublie de me démaquiller et j'ai un nid de noeuds dans les cheveux au niveau de la nuque. Parfois je me chauffe, je les démêle au peigne et à la crème hydratante (ça marche trop bien, les filles). Les 6 autres jours de la semaine, j'ignore, lâchement.
Ce matin, j'ai réalisé l'une de mes lubies du moment, prendre une douche avec mon bébé. J'ai ce pommeau de douche d'enfer, en mode pluie, et souvent quand je suis dessous, je me dit qu'Aaron adorerait aussi, mon petit poisson.
Ce matin, on était férié. On a pris une douche, et il souriait, il attrapait l'eau, je l'admirais, tellement beau avec ses cils tous mouillés, tellement mignon avec ses éclats de rire, il s'ennuyait même pas, il regardait, calme, appréciait. À ce moment-là, je me suis rappelé qu'on avait jamais pu faire de peau à peau à la maternité quand il est né et j'avais l'impression de me rattraper. On s'est regardés, tous perlés. Bisou mouillé. Allez, hop, on doit quand même préparer la purée, aller chez Leroy Merlin et monter des meubles de cuisine. C'est férié, on disait ?

Ce soir je suis reconnaissante. Pas parce que je me suis encore prise pour une américaine et que c'est bientôt Thanksgiving. Non, je me sens reconnaissante d'avoir mon nounours et le mari à mes côtés, de former un trio, d'être les meilleurs amis tous les trois. Tout à l'heure on a chahuté dans le canapé, ils se cachaient derrière un coussin et je les découvrais en criant, en les embrassant, en les chatouillant. Morts de rire. Leur odeur m'enivre et me rassure. Elle me rappelle qu'ils sont ma famille, mon mini-clan, mes alliés. On se laissera jamais tomber, on l'a promis tous les trois.

Le mari vient de me dire qu'il était tombé sur un programme qui devrait me plaire et qu'il l'avait enregistré. Bon, il est tombé dessus en cours de route, il sait pas combien de temps il a pu enregistrer, "mais c'est toujours ça".
Oui. Je suis reconnaissante ce soir.
Non, attendez.

Je suis heureuse.


© Ourson Chéri






Commentaires

Dévy a dit…
C'est drôle car en te lisant je me reconnais à 100%. Parfois j'ai pourtant l'impression de vivre ce moment unique avec mon homme et ma fille ce moment de partage et de joie qui n'appartient qu'à nous mais en fait on est tous pareil lol et heureusement !!! C'est beau à lire le bonheur dans des moments de vie simple comme tu nous les raconte !!
Justine Mérot a dit…
Comme d'habitude j'adore te lire. Et j'aime beaucoup cette nouvelle rubrique.

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