Le nounours en vacances, partie 2

Dans le dernier épisode du nounours... (à lire ici).

Aaron est parti en vacances chez ses grands-parents.
J'ai eu l'impression qu'on m'arrachait un bras en le quittant pour 4 jours.
On a passé une top journée en amoureux avec le mari, mis à part notre échec cuisant au moment de monter un meuble. 

Mardi

Je me lève avec une barre au front et accuse immédiatement le vin rouge. J'attaque le grand rangement de mon dressing qui attend depuis un siècle. Puis arrivent les frissons, courbatures et migraine. Perspicace, je conclus que j'ai peut être pris froid hier pendant l'escapade parisienne, quand mes cheveux (plus courts) ne faisaient plus office d'écharpe comme autrefois. Je me lance dans le ménage et en passant dans la chambre d'Aaron, l'odeur me prend aux tripes. Un mélange de son parfum naturel de bébé, de ptisenbon Tartine et Chocolat et de lessive propre. Pour la première fois depuis dimanche, j'accuse le coup. Je suis partagée entre rester là et penser à lui en reniflant ses affaires, ou filer et passer à autre chose. Je renonce à la moitié des tâches qui m'incombent et m'écroule dans mon lit. Avec une couette toute froide, parce que je n'ai pas pas la force de remettre seule la housse propre. Je m'abandonne au sommeil dans ce confort sommaire, avec mes courbatures. Quand je rouvre les yeux, rien ne va plus, je suis dans le même état qu'un mec qui a chopé la grippe. La bonne nouvelle c'est que j'ai enfin trouvé une bonne raison d'être sans Aaron: pouvoir me reposer et éviter de le contaminer. Le mari rentre et repart illico pour un foot. Excellente idée, parce que moi je me suis concocté le programme de la mort : pyjama pilou, plateau TV et Pretty Woman. Dans ma couette sans housse. Avec mon babyphone à côté, éteint. 


Mercredi

Tout va mieux. Sauf ma gorge, qui me brûle. Je me console avec ma nouvelle voix grave que j'adore, et l'idée que je retrouve mon poussin demain. Le plus dur est fait. 
Reprise du travail. Quand arrive le soir, le mari et moi nous lançons dans un facetime complètement raté avec le nounours qui nous ignore avec dédain. C'est en raccrochant que l'on fait preuve d'un courage inégalé en décidant de monter notre meuble, éventré depuis deux jours dans l'entrée. 
La première heure, on est fébriles mais studieux. La deuxième heure, le mari craque et pense à tout abandonner, voire "aller rendre ce meuble de merde" tel quel. A moitié monté donc. La troisième heure, on hésite entre le divorce et la pendaison, puis miraculeusement, après avoir fait quelques trous de trop dans le fond, arraché quelques morceaux de bois (c'est pas grave, ça se verra même pas, c'est sur le derrière / le côté / à l'intérieur) et estimé que le mieux était l'ennemi du bien, on a glorieusement rangé le dernier tournevis et installé notre déco, en priant pour que le meuble ne s'effondre pas sur lui-même dans la nuit. On s'est couchés lessivés à 23h30 sans avoir vu la soirée passer. Le babyphone toujours désespérément éteint, sur ma table de nuit. 



Jeudi, jour J

Il est 18 heures, et il arrive. Lui. Mon bébé d'amour de nounours de poussin. 
Danse de la joie. Je vois la voiture arriver et ouvre la porte arrière.
Il dort. 
Un ange. 
Je le détache et le prends contre moi, tout mollasson, en fourrant mon nez dans ses bouclettes pour sentir son odeur rien qu'à lui. Enfin. Il se réveille doucement et me sourit, étonné. 
C'est fou comme la vie n'est plus la même sans lui. Il est indispensable, incontournable. Indélébile. Je le serre fort. C'est décidé, on ne se quitte plus. 

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Bon, sinon, depuis ses "vacances", il se roule par terre quand on lui dit "non", plisse les yeux en faisant semblant de pleurer quand on lui reprend un objet interdit et on a appelé SOS Médecins (jour férié, bonheur) parce qu'il s'est chopé une conjonctivite et une rhino. 
Qu'est ce qu'on m'avait dit, dimanche dernier, déjà ? Ah oui, de profiter et me reposer. 
Pas grave. Il est là. Le babyphone est rallumé. C'est l'essentiel. 

Allez, bonne année !






Commentaires

cynthia a dit…
LOL j'aime beaucoup la fin !!
Il faut en effet de temps en temps souffler et se retrouver en amoureux, ça doit faire un bien fou.
On s'impose dès à présent ces futurs moments.
Mais je sais aussi, qu'avant d'être mère on dit "moi je ferai si, moi je ferai jamais ça!!!"
Puis finalement le jour J, quand tu es maman bah ... tu fais tout l'inverse de ce que tu t'étais promise lol
N'empêche que le manque doit être énorme, invivable puis d'un autre côté se retrouver avec sa moitié amoureuse: son homme, son mari... ça doit être pas mal aussi :)

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